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La restauration
 
En 1843, Viollet-le-Duc visite Fontfroide et afin de protéger ce lieu qu'il considère comme un joyau de l'art cistercien, demande à Prosper Mérimée de classer l'église, le cloître et la salle capitulaire sur liste. L'ensemble de l'abbaye obtient le statut de monument historique au début du XX. Aussi, lorsque Gustave Fayet et Madeleine d'Andoque acquièrent l'abbaye en 1908, leur principal soucis est de sauver ce patrimoine unique et entament rapidement un vaste chantier de restauration, à commencer par les jardins en terrasse et puis l'intérieur du monument. De nos jours, plusieurs générations plus tard, la restauration se poursuit encore.
 
 
 
 
Restauration des Vitraux
 
Exposés aux intempéries et altérés par l'eau, les vitraux créés au début du XXème siècle par Richard Burgsthal étaient menacés. Les vitraux présentaient de nombreuses pathologies et de multiples fissures et corrosions affectaient le verre. Aussi, afin de faire face à une perte de luminosité et de transparence et pour protéger cette oeuvre unique de l'art verrier, une opération de restauration fut entreprise.
 
Le verre créait par Richard Burgsthal à la verrerie des Sablons présentait un problème de fabrication et plus précisément de recuisson du verre qui devint ainsi très sensible à la corrosion par l'eau. Les techniques habituelles de restauration étaient inopérantes étant donné la fragilité du verre. Sous la direction de Pierre Rivière, maître-verrier, la restauration consista en une méthode de consolidation par imprégnation des verres en place, technique encore jamais utilisée dans le vitrail. Puis les 5 baies du collatéral nord ont été protégées par des verrières de doublage afin de les préserver des actions du vent et des intempéries.
 
 
 
Restauration des toitures de l'église
 
L'abbaye de Fontfroide connaît depuis 1998 son plus grand chantier de restauration : la réfection des couvertures en dalles de pierre de l'église abbatiale.
 
Les toits de l'église sont couverts depuis l'origine de dalles de grés local, posées directement sur l'extrados du voûtement en pierre, au moyen d'un remplissage en remblai de blocage et de chaux maigre. Une restauration partielle avait été réalisée au XIX par M. de Saint Aubin, puis par Gustave Fayet cinquante ans plus tard. Le choix du béton avait alors été fait, mais cette mise en oeuvre a été réalisée sans grande maîtrise technique et la dégradation des dalles s'est révélée extrêmement rapide. En 1990, les entrées d'eau les plus importantes étaient liées aux parties en béton et à la porosité des pierres anciennes, mais également à des points de jonction entre diverses parties de l'église. C'est donc une campagne de travaux sans précédent qui a été entamée afin de refaire l'ensemble des couvertures, soit près de 1 600 m².
 
Le mode opératoire consiste à déposer l'ensemble des pierres anciennes. Le débit des blocs a été réalisé en atelier. Les pierres de couverture sont venues prendre place avec un léger recouvrement. Un mortier a été ensuite coulé dans les joints. De cette opération très délicate dépend l'étanchéité de la couverture. Le mortier à la chaux naturelle doit en effet réaliser sa prise sur plusieurs semaines sans être soumis aux intempéries. Pour cette raison, les travaux ont été placés sous un vaste parapluie de tôle.
 
 
 
Restauration du Char d'Apollon - 2011
 
En 2011 c'est au tour du Char d'Apollon de connaître une importante restauration. Superbe groupe de terre cuite du XVIIème siècle, cette statue provenant du château de Vaux-le-Vicomte avait été acheté par Gustave Fayet en 1908. Les intempéries mais aussi les lianes du massif de lierre poussant autour avaient fini par briser le char en centaines de morceaux. Outre sa valeur intrinsèque, ce groupe a une grande importance pour l'histoire de l'art. Placé à l'entrée de l'abbaye dans le jardin dit d'Apollon, il a fortement impressionné Odilon Redon, poussant ce grand peintre à réaliser sur sa grande toile 'le Jour' un quadrige.
 
L'assemblage des morceaux du char s'est effectué en 2 phases, par l'atelier Snoeck (Lagrasse) :
- les éléments brisés ont été recollés séparément en atelier (tête, bras, pattes des chevaux...) et les parties manquantes on été reconstituées en résine polyester.
- le monument a ensuite été remonté sur son socle en assemblant les éléments soudés en atelier. Ceux-ci ont été solidarisés les uns aux autres par des tiges filetées inoxydables, résine et fibres de verre.
 
Et depuis mars 2011, le Char d'Apollon trône à nouveau sur son socle, contemplant l'abbaye et admiré par les nombreux visiteurs.


 
ABBAYE DE FONTFROIDE - RD 613
11100 NARBONNE
Tél : 04 68 45 11 08