Directement opposé à l'Eglise de Rome, le catharisme s'avère par ses implications sociales comme une terrible menace pour toute la société médiévale. D'autant que l'église cathare s'est organisée méthodiquement en plusieurs diocèses dont celui de Carcassonne qui englobe les principales terres gagnées à l'hérésie, celles des seigneurs de Trencavel : Carcassès, Razès, Minervois, Biterrois. Fontfroide et ses granges s'enfoncent dans ce territoire cathare et dès son élection en 1198, le Pape Innocent III veut tenter un grand effort de résistance. Pour mobiliser le clergé, il entend s'appuyer sur Citeaux, l'ordre le plus puissant de la chrétienté. Les moines de Fontfroide doivent quitter leur solitude et revenir dans le monde pour combattre le catharisme. En 1203, le Pape choisit comme légat deux moines de Fontfroide : frère Raoul et Pierre de Castelnau. Les deux légats organisent sous la présidence de Pierre II d'Aragon un plaid où dialoguent treize supposés hérétiques et treize fidèles catholiques au cours duquel Bernard de Simore et ses compagnons avouent leur doctrine . Ainsi les cathares sont officiellement convaincus d'hérésie. |